United Airlines – Clin d’oeil à THECREATOR07

Cet article est une réponse à l’article de THECREATOR07. Je voudrais revenir moi-aussi sur l’incident survenue sur lors du vol 3411 de United Airlines. Celui où un homme s’est fait éjecter d’un avion de force parce que ladite compagnie aérienne aurait octroyé plus de billets que de sièges pour un même vol. Bref, le blogue de THECREATOR07 synthétisait assez bien l’incident.

Ce qui m’intéresse particulièrement dans cette affaire, ce n’est pas particulièrement le problème en soi (l’incident), mais plutôt toute l’ampleur médiatique qu’a subi cette affaire. Les réseaux sociaux étant ce qu’ils sont, je suis tombé sur des dizaines d’images (des Memes) traitant de United Airlines. Certaines étaient drôles, d’autres étaient simplement de mauvais goûts.

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En outre, la diffusion de cette incident aurait coûté 1 milliards en dollars américains à la compagnie aérienne. C’est l’exemple flagrant de l’impact des médias. En un instant, la crédibilité d’une entreprise peut être détruite. C’est très ressemblant au thème du panoptique. Cette prison où l’on est possiblement observé, sans avoir aucune certitude de qui nous observe réellement. Sur ce principe, si chaque être humain de nos jours possède un appareil intelligent (nos téléphones), il devient impossible de savoir si l’on est observé ou non. En effet, chacun détient un outil par lequel il est possible de capter, d’enregistrer et de distribuer notre image, notre voix, etc. On peut ainsi être filmé sans le savoir, et se retrouver sur Internet en n’en sachant rien. Il y a toutefois une nuance avec le panoptisme. Ce ne sont pas nos gardiens qui nous observent, mais plutôt nos comparses. Dans certaines circonstances, cette surveillance entre individu peut s’avérer positive… Après tout, sans cela, United Airlines pourrait toujours battre ses clients et il n’y aura pas d’aussi lourdes conséquences.

L’incident du vol 3411 est aussi intéressante médiatiquement d’un point de vue culturel. En fait, j’ai eu l’impression que cet excès de violence n’était qu’un spectacle, une situation burlesque.

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Je sais que c’est assez subjectif et 100 % basé sur mon expérience d’utilisation des réseaux sociaux, mais j’ai rarement vue des publications qui ne tournait pas à la dérision la situation. En fait, je crois que la situation est devenue une blague. Et elle finira par mourir. Elle sera oubliée comme le fait que des agents de sécurité auront battu un homme pour l’éjecter de l’avion. J’espère qu’entre temps, l’évènement aura su faire réfléchir les gens pour opérer un changement dans le mode de fonctionnement, mais ça, je ne le crois pas.

Pardonnez-moi pour les memes, je les ai mis pour illustrer le genre d’images produites sur Internet. Je dois aussi avouer qu’hypocritement, elle me font sourire.

 

Source:

https://www.lesechos.fr/industrie-services/air-defense/0211962753454-victime-dun-bad-buzz-united-airlines-chute-en-bourse-2079070.php

 

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L’objet immatériel

L’aura des objets, on en a traité en classe. L’objet possède, en lui-même son histoire propre. Avec cette vision de l’objet médiatique, nous devenons la proie à un désir. Le désir de POSSÉDER cet objet. Longtemps, la société nous a montré que cette mentalité matérialiste était celle à suivre. Pourquoi? Parce que le système dominant était celui de l’économie, et que l’économie moderne s’est vite tournée vers la production de masse. En d’autres termes, il faut produire un maximum, et pour produire, il faut que les consommateurs achètent. Or, cette notion de possession est peut-être, au final, superflue…

À la base, les médias servent à véhiculer des idées. Elles peuvent être transmises par des messages politiques, des œuvres d’art contemporaines ou encore avec des films.  Et, pour bien insérer nos discours dans une société régie par la consommation, nous avons dû adapter nos valeurs afin de les y inclure. Parallèlement, pour faire un léger clin d’œil à Walter Benjamin, on attribue une valeur symbolique et historique à un objet, que l’on nomme «aura».  Je tiens pourtant à nuancer mon propos. Je ne suis pas en train de dire que Benjamin attribue une valeur marchande ou (de possession) aux objets (et bien au contraire !).  Je pense plutôt qu’il place l’objet en lui-même à un niveau supérieur ou égal au message véhiculer par ledit objet. Les textes de Benjamin commencent à dater, et on ressent l’impact de la société de consommation qu’il critiquait déjà à la base.

Dans un contexte beaucoup plus actuel, on peut faire le constat d’une chose face à la consommation. Il y a un bien étrange paradoxe, soit celui de posséder, sans posséder physiquement.  Apparu grâce à une société axée sur l’économie, ce système de possessions immatérielles pourrait bien mettre fin à l’ère de la glorification de l’objet.  En effet, nous travaillons sans même voir ce que nous gagnions, et grâce à ce gain immatériel, nous pouvons nous procurer des objets physiques. Ce système s’est tellement bien établi qu’il se repend aussi vers d’autres sphères de la vie, les médias notamment. Par exemple, les applications médiatiques telles que Google Play, ou l’Apple store, qui nous permettent d’acheter des produits, numériquement, sans les avoir physiquement. Si on refait le parcours, on se trouve à travailler dans le monde réel, pour obtenir quelque chose d’immatériel, afin d’acheter un objet réel qui pourra afficher un produit immatériel.

Je vois un peu ça comme un bien pour un mal. Cela diminue notre consommation de produits matériels, et donc, diminue forcément l’offre.

 

Le panoptisme actuel

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Un homme, aujourd’hui, peut regarder chacun de nos mouvements, de son poste d’observation. Il ne nous est ni possible de savoir s’il nous surveille ni savoir qu’il est (dans la plupart des cas). Cette homme est probablement agent de sécurité dans un centre commercial et pourtant, il peut nous surveiller. Encore pire, avec l’arrivée des gadgets électroniques (téléphones intelligents et autre produits du même genre), on peut nous surveiller 24h sur 24h puisque ces appareils sont connectés en permanence sur les réseaux et qu’ils possèdent tous des caméras et des microphones. Même les nouvelles télévisions « intelligentes » possèdent des microphones. Le principe de prison (le panoptique) que Jeremy Bentham imagina se serait finalement acheminé vers les autres cercles composants la société. Si on voulait surveiller les criminels dans les prisons autrefois, de nos jours, on tend plus à surveiller tous les individus, qu’ils soient criminels ou non.

En outre, nous sommes entrés dans la société de contrôle telle que l’imagina le philosophe Gilles Deleuze. Pour lui, le comportement des individus en société est conditionné par la crainte d’être vu. Ainsi, on peut établir un contrôle sur cette même société. Il va même jusqu’à affirmer que le modèle de la prison est répété tout au long de la vie de l’individu. Par exemple, l’enfant doit passer par une institution (l’école) d’où il sera enfermé et conditionné. Pour Deleuze, chacun de cadres d’une société est une sorte de prison.

Si je reviens à ma personne, je pense sincèrement qu’il a raison dans l’absolue. En effet, pour se développer et être apte à affronter la vie, un humain se doit d’acquérir un code moral. Or, si nous n’établissions pas de cadre chez les individus en développement (et on n’arrête jamais de se développer), jamais nous ne pourrions vivre dans une société unis et cohérente. Le cadre sert aussi à développer la notion de l’autre, ou plutôt à apprendre à ne pas penser qu’à soi.

Pour continuer sur une veine d’idée autant personnelle, j’ai une opinion plutôt ambivalente face à la notion de surveillance. J’adore au plus haut point mon anonymat et ma vie privée lorsque je n’ai pas à m’afficher en publique. En fait, je pense que de laisser la liberté d’être seul est fondamentale. Pourtant, quand on y pense, si on savait tous ce qui se passait dans les lieux privés, beaucoup d’évènements néfastes pourrait être évité. Si l’on surveille chaque individu, on diminue grandement la possibilité qu’il y ai du mal. Peut-on penser que ce droit à la vie privée est mal et égoïste en sachant que la surveillance pourrait éliminer une partie des problèmes de notre société? Ne peut-on pas simplement considéré ce droit comme un caprice d’enfant? Encore là, je pense que oui et non. En effet, si l’on est surveillé en permanence, on diminue le risque d’infractions criminelles. D’un autre point de vue, je crois que c’est un besoin inné à l’homme. C’est un peu comme une protection, je crois. En cas de nécessité, il nous est toujours (peut-être plus finalement!) possible de nous réfugier à quelque part où personne ne peut nous voir. Nous laissons tomber ce masque que nous portions devant tout le monde. Un masque qui peut s’avérer plus lourd pour certains que pour d’autres. Qu’en pensez-vous?

Logan (gros spoiler dans l’article)

logan

Avant  de commencer, je dois avouer avoir un faible pour les films de superhéros. Il est donc fort probable que mon jugement ne soit pas très objectif. Pourtant, Logan est, pour son genre, très intéressant. En effet, il vient briser les codes traditionnels du film de superhéros classique.

En quoi le film réussit-il à s’éloigner des codes classiques du superhéros? Bien, il le fait par la façon de montrer les personnages à l’écran. Oui, en gros, le personnage se doit de protéger la veuve et l’orphelin (ou plutôt le vieux et l’orpheline), comme presque l’entièreté des superhéros réalise déjà. Toutefois, Logan ne le fait pas par pure bonté de cœur. Il le fait parce qu’il développe de l’affection pour chacun des personnages qu’il doit protéger. En outre, on reste encore dans le schéma du superhéros classique.

Pourtant, le film se concentre davantage sur la psychologie des personnages, et non sur l’action du film. D’ailleurs, le genre du film se rapproche davantage à celui d’un thriller ou d’un drame qu’à un film d’action. En effet, les scènes sont construites pour montrer le ressenti des personnages avant de montrer leurs buts. Par exemple, dans une des scènes vers le milieu du film, Logan, Laura (la petite fille) et le professeur Charles (le vieux) sont assis à la table d’une famille modeste vivant de l’agriculture. Le souper se déroule et l’on peut enfin apercevoir du bonheur dans les yeux de chacun des personnages. La scène est construite pour  montrer la différence entre ce que subissent les protagonistes, et ce que les familles ordinaires vivent de leur côté.

Ce qui est intéressant avec Logan, c’est que le film apporte une plus grande possibilité de lecture du film que la plupart des films hollywoodiens. Je me suis prêté au jeu, et j’ai décidé d’élaborer quelques «loglines» qui pourraient vendre le film pour prouver mon point.  Voilà mes loglines : « La vie d’un homme se verra bouleversée à l’arrivée d’une enfant qu’il lui ressemble beaucoup trop. », « Un homme devra affronter ses ennemis et son passé afin de sauver ceux qu’il aime. », « Un homme, forcé de cacher les siens, verra ses plans changer.» et « Une relation bienveillante s’installera entre un homme et sa fille lors d’un voyage bien involontaire.

Le constat de Baudrillard en 2017 : est-il toujours bons?

Je ne crois pas maîtriser le sujet et cet article se veut une sorte de révision et de partage autour de Baudrillard. Je vous invite donc à me corriger en cas d’inexactitude.

C’est en 1981 que Jean Baudrillard publia son fameux ouvrage sociologique : Simulacres et simulation (que je me dois de lire un jour). En plus d’avoir inspiré bien des chercheurs en sociologie, son livre et sa pensée ont laissé leur trace jusque dans les arts où des artistes s’en sont inspirés afin de créer leurs œuvres. Le livre est même apparu en clin d’œil dans le film La matrix.

L’ouvrage se veut l’explication, ainsi que l’illustration de deux concepts majeurs établit par Baudrillard : les simulacres et les simulations. Que sont-ils? Si les simulacres sont des représentations de la réalité, les simulations en sont des façons d’y parvenir (à ses représentations). Par exemple, si je vous décris ma cuisine, mais que nous n’y sommes pas, il y a des fortes chances (que vous l’ayez déjà vu ou non) que vous ne la représentiez pas exactement comme elle est réellement. Pourquoi? Parce que la réalité est en constant mouvement et que les simulations  – la description verbale –  ne peuvent représenter en temps réels, exactement la pièce en question.

Le constat de Baudrillard : nous nous sommes tellement tournés vers les simulacres comme représentation de la réalité que nous avons perdue, sans possibilité  de la retrouver, cette même réalité. Les simulacres, autrement dit, ont pris la place de la réalité. Baudrillard va même plus loin en affirmant que nous entrons dans l’hyperréalité, c’est-à-dire, une réalité constituée de simulacres médiatique. L’hyperréalité, analogue à la postmodernité, nous servirait à nous séparer émotionnellement de la réalité. Donc, par l’entremise des médias, on se sépare mentalement des évènements de la vie. Sa vision de la société aliénée par des couches de simulacres est plutôt négative, en sommes toutes.

En outre, son constat était vrai à l’époque (les années 80). Il est encore plus applicable aujourd’hui, et c’est terrifiant. J’en ai d’ailleurs parlé dans mon article sur la propagande médiatique et de Trump : . J’ai l’impression qu’à force de recevoir nos informations sur nos appareils médiatiques (téléphones intelligents, ordinateurs), on accepte l’information gratuitement sans questionnement. Peut-être que Baudrillard a mis le doigt sur le pourquoi nous perdons cette littératie médiatique. L’information pour Baudrillard nous provient de l’hyperréalité et puisque nous nous distançons de ces mêmes informations, nous ne pouvons ni les juger ni les analyser puisqu’elles ne nous affectent pas. Ainsi, pour en revenir à l’exemple de mon précédent article, je reçois l’information ci-présente : « il y a eu moins de gens à l’inauguration présidentielle de Trump qu’à celle d’Obama », et je l’accepte sans questionnement parce que je suis distant face à elle.

La place de l’homme dans la société

Cette article se veut un enrichissement aux articles de XYREM : Le masque de la masculinité et de celestium : La masculinité en 2017.

Le genre masculin : il a été d’abord défini comme le genre «fort» dans la société. En effet, l’occident s’est tourné naturellement vers le patriarcat à l’origine des sociétés. Biologiquement, les hommes ont une meilleure composition musculaire. Cela leur a valu les travaux plus physiques. Pour ce qui est des femmes, qui sont moins imposantes physiquement, elles se sont vues confier les travaux de domicile.  Alors, dans une société antique/moyenâgeuse, qui domine? Celui qui a la force.

Pourtant, nous ne sommes plus dans une société d’antan. L’homme n’a plus besoin de bâtir tout à la main, de défendre sa famille ou de partir chasser. La femme n’est plus (ou beaucoup moins) prise dans un système restrictif, elle s’est émancipée et son statut dans la société a changé. Alors, pourquoi l’idéal de l’homme est-il toujours axé autour de sa force, de son courage et de son absence de sentiment? Pourquoi a-t-on conservé les mêmes valeurs face à ce modèle de genre? En fait, on peut se poser une autre question plus pertinente. En quoi cet idéal aurait-il changé? Pour avoir un changement, il faut habituellement que la problématique soit apparente, et que la société effectue une révolution dans sa conception de l’idéal. Par exemple, grâce au féminisme, les femmes se sont vues octroyer différents modèles  féminins «acceptables». J’entends par là que la femme a pu, avec l’aide d’action concrète, correspondre à plus d’images de comment on perçoit la femme. Elle peut être féminine, masculine (jusqu’à un certain point), habile de ses mains, intellectuelles, fortes, faibles, etc. Je tiens aussi à noter que la société semble dicter des modèles de rôles à suivre, largement diffusés par les médias. Mon constat présent est que la société n’accepte pas beaucoup la différence ou l’écart d’un sujet par rapport aux modèles  de genres. Heureusement pour la femme, les modèles sont de plus en plus diversifiés.

Maintenant, pour en revenir à l’homme et à sa masculinité, étant «au sommet de sa société», il n’a pas pu être libéré de sa propre image puisqu’il est opprimé que par lui-même. Il est vrai que la société et les médias forgent l’image de l’homme parfait. Toutefois, on ne peut déclarer ouvertement qu’aucun groupe de brime sa liberté outre que lui-même. Le genre féminin a été opprimer par le genre masculin durant des siècles en Occident, mais le genre masculin n’est pas opprimé par aucun autre groupe. Cela parait également dans la fréquentation des services sociaux. Le modèle de genre masculin impose à l’homme de ne pas aller chercher d’aide, et cela parait dans les services sociaux. En effet, 9,5% des hommes ont avoué avoir fréquenté les services sociaux comparativement à 15,1% chez les femmes (ROY, Jacques, Linda Cazale, Gilles Tremblay (2013) UN PORTRAIT SOCIAL ET DE SANTÉ DES HOMMES AU QUÉBEC :   DES DÉFIS POUR L’INTERVENTION, document PDF.
(http://rvpaternite.org/sites/default/files/documents/rapport_sur_les_donnees_publiquesversioncorrigee.pdf))

Personnellement, j’ai l’impression qu’avec la démocratisation de la communication (via les nouveaux médias), l’image de l’homme fort et apathique se dissipe tranquillement. On le voit notamment par l’acceptation grandissante des communautés LGBTQ+ qui ouvrent la porte vers l’acceptation de la différence, et, de ce fait, vers la fin du modèle de genres restrictif. Il est bien d’avoir des modèles à suivre cependant, cela ne doit pas nuire au développement personnel d’un individu. Qu’en pensez-vous?

Stranger Things (dans ma tête)

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C’est la nuit et il fait particulièrement sombre. Soudain, les lumières clignotent ; l’électricité semble disjoncter. Le mur devient organique et un monstre vaguement humain en émerge. Nous voilà prisonniers d’un monde des plus étranges. C’est bien entendu celui de «Stranger Things». Séries créées et réalisées par les frères Matt et Ross Duffer, elle attend une seconde saison cette Halloween 2017. En gros, on y raconte comment trois amis, tous très jeunes et évoluant dans le cadre des années 80, recherchent leur ami Will, disparu soudainement lorsqu’il rentra chez lui.

Les deux réalisateurs ne cachent d’ailleurs pas s’être inspirés de Steven Spielberg et de Stephen King. Bon, pour ce qui est de la vision de l’enfance face au paranormal, c’est vrai qu’on y reconnait facilement une similitude avec le travail de Spielberg. C’est justement ce qui rend intéressante l’œuvre télévisuelle qu’est Stranger Things, elle ne cache pas ses références. Or, à la façon de Spielberg, on nous montre les réactions d’enfants au sujet de terribles évènements, mais en plus, on montre aussi la réaction des adultes. On joue justement sur la gravité de la situation en passant de la légèreté à une ambiance des plus lourdes. Cette confrontation d’idée vient justement jouer sur un concept : la réalité. Bien qu’un ne propose jamais d’alternative réaliste au phénomène paranormal, le concept en est le cœur. Plus d’une fois, les protagonistes sont obligés de mentir pour cacher une vérité qui n’est pas possible ni logique. En fait, les pouvoirs du personnage Onze, ou l’apparition du prédateur humanoïde ne peuvent être expliqués de façon tangible et c’est pourquoi le doute persiste à savoir si les apparitions sont réelles ou non. Ne sont-elles pas uniquement l’œuvre de l’imagination des trois enfants. Après tout, ils ont perdu un ami! Peut-être qu’ils ne cherchent qu’à le faire vivre par leur histoire, ou bien à se convaincre qu’il n’est pas mort, et qu’ils doivent le retrouver (ils sont amateurs de Donjons et Dragons).

J’ai compris, en écoutant la série, que j’appliquais un processus de lecture. En effet, lorsque j’ai visionné la série, je ne me détachais pas de l’histoire. Bien commun chez le consommateur de télévision, j’entrais dans l’histoire en acceptant tout ce que la série me projetait, sans même la remettre en question. Or, c’est par après, en lisant Guy Debord (et une partie de son texte La société du spectacle) que j’ai décidé de revoir Stranger Things. Je ne prétends pas pour autant avoir été niais toute ma vie. J’analyse régulièrement ce que je consomme au niveau des médias. Pourtant, il est vrai que l’on perd cette notion du spectacle. On perd vite l’idée que nous regardons quelque chose de faux. Envisager la fausseté de l’œuvre apporte une autre dimension d’interprétation et Stranger Things ne s’en cache pas.

Si le vrai est réel (et le faux est irréel), alors qu’est-ce qui est réel dans la série (en se basant sur le fait que rien n’est vrai)? Que peut-on croire de la série?